Le Lapérouse au secours du Rosalina
Le jeudi 19 mars, au soir, alors que le bâtiment se trouvait en travaux hydrographiques sur le plateau d’Escobar, on nous informe qu’un navire en détresse a été perdu à l’est de l’ile de Principe, soit à 60 nautiques au sud de notre position. Dans la foulée, la décision est prise de se rendre sur les lieux.
Perdu la veille, le bâtiment nous était décrit comme à la dérive (à environ 1,5 nœuds). Le bord a donc déterminé une position estimée pour le début des recherches, en fonction des éléments qui nous étaient retransmis et des observations que nous avions faites dans la journée.
L’affaire fut rondement menée, puisque à 2 heures du matin, à peine sur zone, nous prenions contact avec le caboteur perdu, par VHF. Un rapide état des lieux s’ensuivit, nous apprenant que le caboteur, au nom de Rosalina, était immobilisé suite à une avarie de son pas d’hélice, bloqué à zéro. Nous prîmes de plus amples informations, en attendant le petit matin, comme le nombre exact de personnes à bord (9 passagers, dont une femme, et 20 membres d’équipages), et leur état de santé.
Premiers contacts avec le Rosalina
Après une série de tractations avec l’armateur du Rosalina, le Lapérouse reçut le vendredi midi la consigne de préparer le remorquage du Caboteur. Une équipe mixte, comprenant le Bosco, l’officier de manœuvre et l’équipe de visite fut envoyé à bord, afin d’évaluer la faisabilité de ce remorquage. L’équipe fut accueilli chaleureusement par l’équipage du Rosalina, et repartit, non sans avoir laissé auparavant eau et nourriture sur le caboteur.
Une expertise sous haute protection, mais dans la bonne humeur
Le bilan de cette première expertise était mitigé. Sans ligne de mouillage disponible, le Rosalina ne possédait pas non plus de chaumards propres à supporter un remorquage de longue durée. Néanmoins, une solution peu conventionnelle finit par emporter l’adhésion de tous les acteurs du bord. Cette solution offrait le maximum de sécurité possible, dans la mesure de nos possibilités. Ayant reçu entre-temps l’ordre de procéder au remorquage, elle fut adoptée.
La nuit arrivant, la prise de remorque fut reportée au lendemain à l’aube. Avec deux jours supplémentaires de dérive, ce remorquage s’étendrait sur 70 nautiques. La prise de remorque se déroula sans incident, même si elle fut très impressionnante. Le Lapérouse était en effet contraint de se placer au plus près du Rosalina pour le passage de la remorque.
Le délicat passage de la remorque.
Après 20 heures de remorquage, sur propulsion électrique afin de ne pas encrasser les moteurs de propulsion, nous arrivâmes en baie de Santo Antonio, à Principe, où un bâtiment affrété par l’armateur du Rosalina devait le prendre en charge. Le dit bâtiment, quand il apparut, s’avéra incapable de poursuivre le remorquage. La décision fut donc prise de faire mouiller le Rosalina dans la baie, où il pourrait bénéficier de l’aide des autorités locales, en attendant la venue d’un plus gros remorqueur.
Le dimanche 22, au matin, une dernière équipe fut donc envoyée à bord du caboteur, afin d’organiser le mouillage et le largage de la remorque. Equipe qui fut rejoint par l’infirmier, l’un des passagers du Rosalina étant tombé malade. Le mouillage et le largage s’étant déroulés sans encombres, et le Rosalina se trouvant en sécurité, le Lapérouse fila vers le nord, afin de reprendre au plus vite les travaux hydrographiques.