Né à Paris en 1940, Jean Larivière fait ses études à l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Angers. Son diplôme en poche, il se lance dans un travail de recherches artistiques mêlant photographie, peinture et animation. Jean Larivière travaille à partir des années 60 dans l’art pur (contemporain) et rencontre des artistes surréalistes dont Matta, le plus grand artiste Chilien, qui devient alors son mentor. Il a également été l’assistant de Chris Marker dans son film : « si j’avais 4 dromadaires », Chris Marker qui fut le père de la nouvelle vague cinématographique (Godard, Chabrol…). Dans les années 70, Jean Larivière se lance dans la photographie publicitaire. Il devient rapidement un photographe de référence dans ce domaine, laissant exprimer toute son imagination dans ses clichés. La marque Louis Vuitton fait bientôt appel à lui. Leur collaboration commence en 1978 avec la création d’un catalogue intitulé « l’âme du voyage ». Cette collaboration fructueuse dure depuis vingt ans et aura permis à Jean Larivière de parcourir plus de dix-sept pays, du Groenland au Tibet, de New York au Yémen. Il se voit également confier les campagnes publicitaires d’autres produits de luxes ou de magazines de mode. 1985 est l’année de la consécration : il reçoit le prix du meilleur photographe publicitaire. Souhaitant élargir son champ de vision, il réalise un reportage sur le sous-marin français lanceur d’engins Le Triomphant en 1995. En 2010, avec Anthony Logeais, son assistant, il embarque à bord de la Jeanne d’Arc pour réaliser un second projet à bord d’un bâtiment de la marine nationale.
Que vous évoque le nom de la Jeanne d’Arc ? Qu’est-ce qui vous a poussé à venir à bord de la Jeanne pour réaliser votre projet ?
La Jeanne d’Arc m’évoque les trois premières notes de musique. J’ai souhaité embarquer sur la Jeanne parce que j’ai déjà fait un reportage sur un bâtiment de la marine nationale, le SNLE le Triomphant. Le dernier périple de la Jeanne concordait parfaitement avec mon projet.
Parlez-nous un peu de votre projet.
Je fais à l’heure actuelle des portraits de personnes mais aussi d’objets et de choses. Mes derniers portraits de personnes sont le peintre Monory et la petite fille de Clint Eastwood, la créatrice styliste Sonia Rikiel ainsi que Kenzo. Pour les choses, le portrait d’un ministère et le portrait d’une feuille d’arbre ainsi que Marine qui est le portrait d’un marin. Les projets de la Jeanne font partie de la suite de ces portraits. D’abord un portrait du vent. Le passage au Cap Horn paraissait donc évident. Je fais aussi un autre portrait de la Jeanne qui s’appelle « les pieds marins » constitué de photos et de sons pris à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment.
Quel contact avez-vous eu avec l’équipage ?
Très original et sympathique. Tout le monde m’a aidé à réaliser mes projets avec gentillesse et courtoisie.
Quel sera votre meilleur souvenir de votre séjour à bord du porte-hélicoptères ?
Des rayons lumineux qui sont sortis de nuées juste avant l’arrivée au Cap Horn : « magnifique ! ».

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