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Journaux de bord : Marine nationale

PH Jeanne d'Arc

Présentation

  • Type : porte-hélicoptères
  • Numéro de coque : R 97
  • Mis sur cale le 7 août 1960
  • Lançé le 30 septembre 1961
  • Mis en service le 16 juillet 1964




Mission

  • En temps de paix, à servir de bâtiment école au profit de l'École d'application des officiers de Marine.
    Le groupe aérien comprend 2 hélicoptères Alouette III de l'escadrille 22S, il est renforcé par un détachement d' hélicoptères de combat de l' ALAT (Aviation Légère de l'Armée de Terre) composé de 2 Puma ou Cougar et 3 hélicoptères Gazelle avec un détachement de 40 hommes.
  • En temps de guerre, à mener des missions de combat, soit dans le domaine de la lutte anti-sous-marine en embarquant 8 hélicoptères WG 13 Lynx, soit dans le cadre d'une mission d'action extérieure en mettant en oeuvre des hélicoptères Puma ou Gazelle de l'ALAT, et en transportant des troupes de débarquement.
En savoir plus sur le porte-hélicoptères Jeanne-d'Arc sur le site de la marine nationale

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mercredi, 3 février 2010

Jean Larivière : un chasseur de vent au pied marin à bord de la Jeanne d’Arc.

Né à Paris en 1940, Jean Larivière fait ses études à l’Ecole Nationale des Beaux-arts d’Angers. Son diplôme en poche, il se lance dans un travail de recherches artistiques mêlant photographie, peinture et animation. Jean Larivière travaille à partir des années 60 dans l’art pur (contemporain) et rencontre des artistes surréalistes dont Matta, le plus grand artiste Chilien, qui devient alors son mentor. Il a également été l’assistant de Chris Marker dans son film : « si j’avais 4 dromadaires », Chris Marker qui fut le père de la nouvelle vague cinématographique (Godard, Chabrol…). Dans les années 70, Jean Larivière se lance dans la photographie publicitaire. Il devient rapidement un photographe de référence dans ce domaine, laissant exprimer toute son imagination dans ses clichés. La marque Louis Vuitton fait bientôt appel à lui. Leur collaboration commence en 1978 avec la création d’un catalogue intitulé « l’âme du voyage ». Cette collaboration fructueuse dure depuis vingt ans et aura permis à Jean Larivière de parcourir plus de dix-sept pays, du Groenland au Tibet, de New York au Yémen. Il se voit également confier les campagnes publicitaires d’autres produits de luxes ou de magazines de mode. 1985 est l’année de la consécration : il reçoit le prix du meilleur photographe publicitaire. Souhaitant élargir son champ de vision, il réalise un reportage sur le sous-marin français lanceur d’engins Le Triomphant en 1995. En 2010, avec Anthony Logeais, son assistant, il embarque à bord de la Jeanne d’Arc pour réaliser un second projet à bord d’un bâtiment de la marine nationale.

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Que vous évoque le nom de la Jeanne d’Arc ? Qu’est-ce qui vous a poussé à venir à bord de la Jeanne pour réaliser votre projet ?

La Jeanne d’Arc m’évoque les trois premières notes de musique. J’ai souhaité embarquer sur la Jeanne parce que j’ai déjà fait un reportage sur un bâtiment de la marine nationale, le SNLE le Triomphant. Le dernier périple de la Jeanne concordait parfaitement avec mon projet.

Parlez-nous un peu de votre projet.

Je fais à l’heure actuelle des portraits de personnes mais aussi d’objets et de choses. Mes derniers portraits de personnes sont le peintre Monory et la petite fille de Clint Eastwood, la créatrice styliste Sonia Rikiel ainsi que Kenzo. Pour les choses, le portrait d’un ministère et le portrait d’une feuille d’arbre ainsi que Marine qui est le portrait d’un marin. Les projets de la Jeanne font partie de la suite de ces portraits. D’abord un portrait du vent. Le passage au Cap Horn paraissait donc évident. Je fais aussi un autre portrait de la Jeanne qui s’appelle « les pieds marins » constitué de photos et de sons pris à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment.

Quel contact avez-vous eu avec l’équipage ?

Très original et sympathique. Tout le monde m’a aidé à réaliser mes projets avec gentillesse et courtoisie.

Quel sera votre meilleur souvenir de votre séjour à bord du porte-hélicoptères ?

Des rayons lumineux qui sont sortis de nuées juste avant l’arrivée au Cap Horn : « magnifique ! ».

Université Jeanne d’Arc, l’autre école de formation

La Jeanne d’Arc, bâtiment école par excellence, a bien sûr pour objectif de finaliser la transformation des officiers élèves en officiers de marine. Mais les cours dispensés à bord ne s’adressent pas seulement à ceux-ci. En effet, d’autres cours sont également proposés à l’équipage, sur la base du volontariat. Réunis sous le nom d’Université Jeanne d’Arc, ils permettent aux marins qui le souhaitent d’atteindre le niveau nécessaire pour passer des qualifications et ainsi évoluer dans leur carrière, ou, pour d’autres, de progresser en langues étrangères.

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Les cours proposés sont variés : langues (Anglais et Espagnol, eu égard à notre parcours en Amérique Latine), sciences, mathématiques et Français. Ils sont prodigués par une équipe dynamique de 6 aspirants, dont les deux professeurs de langues du bord (l’aspirant Agathe Chaussard et l’aspirant Marie Le Prielec) qui donnent par ailleurs des cours aux officiers élèves. Le tout est ordonné par le lieutenant de vaisseau Olivier Lebosquain.

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A bord d’un bâtiment militaire, où beaucoup de marins sont de quart, il n’est pas toujours évident d’être assidu, et surtout d’avoir des disponibilités pour des cours à heures fixes. C’est pourquoi un même cours est donné deux fois dans la même journée, à deux moments différents. Ce sont donc pas moins de huit heures de cours (au moins) qui sont données dans ce cadre, presque chaque jour de mer. Si l’Université Jeanne d’Arc est une opportunité pour les marins, qui disposent de professeurs volontaires prêts à les aider à progresser, les élèves ne sont pas les seuls à en retirer un bénéfice : bien que l’aspirant Le Prielec s’est déjà retrouvée face à une classe, cette expérience d’enseignement est une première pour l’aspirant Chaussard ainsi que pour les 4 aspirants chargés des cours de sciences, mathématiques et Français (le volontaire aspirant Eduard de Waal et les trois aspirants stagiaires polytechniciens Alexandre Constantin, Paul Tolmer et Jean-Baptiste Boin), qui se rendent compte des difficultés que l’on peut avoir à enseigner à un groupe de personnes au niveau parfois hétérogène, même si les élèves sont très disciplinés !

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Au-delà du bénéfice direct découlant des cours, l’Université Jeanne d’Arc permet aussi à ces jeunes officiers volontaires dans la Marine d’échanger avec des marins venant de différents services et ayant tous eu des parcours assez différents, le tout dans un cadre qui sort de leurs activités habituelles. Pour ces aspirants, côtoyer ces marins est donc le meilleur moyen d’élargir leur vision de la vie sur le porte-hélicoptères, et de renforcer la cohésion de l’équipage. Symbole de la solidarité des marins, l’Université Jeanne d’Arc fait partie de ces nombreuses activités qui font d’un équipage beaucoup plus que la simple somme des marins qui le constituent.

Ecole de Marine, école de langues et sciences, mais surtout Ecole de Vie, la Jeanne d’Arc s’efforce de transmettre cet état d’esprit aux futures campagnes d’application.

Aspirant Jean-Baptiste Boin

730 nautiques entre glaciers et montagnes

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage … Les 640 marins de la Jeanne d’Arc se souviendront longtemps de cette dernière mission mythique qui aura mené le porte-hélicoptères aux confins du monde habitable, où l’homme, malgré sa technologie, n’a pas encore réussi à dompter la nature. Non content d’avoir bravé le fameux Cap Horn, où tant de navigateurs expérimentés se sont échoués, l’équipage de la Jeanne a parcouru près de 730 nautiques, soit plus de 1300 km, à travers les sinueux chenaux de Patagonie. Tel Thésée qui déambulait à travers les dédales du Minotaure, la Jeanne d’Arc a navigué à travers ce véritable labyrinthe géant que sont ces chenaux. Néanmoins, loin de partir à l’inconnu, les marins ont utilisé des cartes très détaillées de la région. Véritable « fil d’Ariane », la route de navigation a évité à l’équipage de se perdre dans le méandre d’îles de la Patagonie.

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A la fois sublimes et austères, on ne sait comment décrire ces lieux où la nature n’a toujours pas été entachée par la main de l’homme. Le climat est certainement trop rude, les terres trop inhospitalières pour permettre à une communauté de s’y développer. Pourtant, la végétation verdoyante semble s’être bien adaptée au climat et recouvre la moindre parcelle de terre non enneigée. Les seuls habitants de ces lieux de désolation sont les otaries et les éléphants de mer. Quelques oiseaux s’y aventurent également et se plaisent à planer au ras de l’eau, malgré les rafales qui soufflent sans relâche. Le silence y est assourdissant. Tout juste entendons nous le bruit du vent qui se faufile entre les montagnes enneigées, semblable à un long soupir plaintif.

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Les bateaux se font extrêmement rares sur cette route maritime légendaire que Magellan, navigateur tenace et génial, emprunta pour la première fois 5 siècles plus tôt. Magellan, Beagle, Le Maire… Autant de grands noms d’explorateurs qui ont franchi ces chenaux et détroits dans le passé. Les marins de la Jeanne sont fiers de suivre leurs traces, à une époque où les navires préfèrent emprunter le canal de Panama pour passer de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Ces trois jours de traversée resteront profondément gravés dans leur mémoire : chaque jour et chaque nuit passé à naviguer à travers ces milliers d’îles qui composent ce dédale naturel apportait son lot de surprise et d’émerveillement. Jamais la grandeur de Mère Nature ne se sera faite aussi fortement ressentir que dans ce paysage si imposant et quasi surnaturel. Naviguant entre ces gigantesques parois naturelles, notre Jeanne semblait bien humble devant l’immensité et la solitude de ce lieu. La vue des falaises calcaires et des glaciers au reflet bleuté était un ravissement de tous les instants. Les couchers et levers de soleil étaient les instants les plus marquants : la vision de la douce lumière enrobant les montagnes enneigées avait un aspect vraiment remarquable.

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La météo était extrêmement variable. Au grand jamais, même en Bretagne nous n’avions vu le temps changer aussi rapidement que lors de cette véritable Odyssée à travers les eaux intérieures chiliennes. Pluie, soleil, brouillard et grêle se sont succédés avec une rapidité déconcertante. Ce climat, à l’image du paysage, était brutal et indomptable, mais il aura permis aux marins de contempler les chenaux sous toutes ses coutures, toutes ses humeurs … Par ses différentes couleurs, l’eau elle-même aura su se joindre à l’harmonie du paysage : d’une clarté d’émeraude aux ténèbres de l’ébène profond, l’élément de prédilection des marins avait un aspect plutôt inhabituel et étonnant.

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Les marins se rappelleront toute leur vie de cette épopée avec émotion, gardant en tête le caractère mystérieux et onirique de la brume troublant ce paysage si particulier. La Jeanne méritait bien cet enchantement pour son dernier passage.

"Aspirant Alexandre Constantin"

lundi, 1 février 2010

Les boulangers : créateurs de bien être

Chaque matin, pouvoir savourer des viennoiseries moelleuses et du pain bien frais est un plaisir toujours renouvelé pour les marins de la Jeanne. A des milliers de kilomètres de la France, après un quart nocturne ou simplement lors d’un petit creux, il est toujours agréable de déguster une baguette croustillante qui sort tout juste du four. Tous les bâtiments de la marine nationale n’ont pas le privilège d’avoir des boulangers à bord !

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Néanmoins, nourrir les quelques 640 marins du bord est un véritable défi quotidien pour les deux boulangers de la Jeanne : le maitre Jean-Marc Touny et le matelot Emmanuel Merlaud. Les quantités sont tout simplement astronomiques : chaque jour, ou plutôt chaque nuit, ces deux stakhanovistes produisent pas moins de 250 baguettes, 300 pains bâtards et jusqu’à 700 viennoiseries le weekend. A cela s’ajoutent des commandes spéciales des différents carrés. Dernier exemple en date : la production de 600 hamburgers qui n’avaient pas à rougir devant ceux de Mac Donald ! Bien au contraire, venir à bout de ces burgers gargantuesques mais délicieux n’était pas à la portée de tous les estomacs.

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Nos deux boulangers du bord sont de véritables papillons de nuit, et pour cause : leur « journée » de travail commence dès 19 heures pour finir à 6 heures du matin. En outre, compte tenu des nombreuses étapes nécessaires à l’élaboration des différents types de pain, une organisation sans faille et un rythme de travail intense sont indispensables pour arriver à produire la quantité suffisante dans le temps imparti. Il faut en effet être capable d’alterner les fournées de pain et de viennoiseries dans les plus brefs délais.

Tous les soirs, dès 22h00, la douce odeur du pain envahit les coursives situées aux abords de la boulangerie. Pour rencontrer nos deux artisans, il suffit de remonter à sa source : les fourneaux. Les deux boulangers nous accueillent toujours à bras ouvert. Si la température ne vous gêne pas, il est même possible de mettre la main à la pâte. Bien que les gestes semblent faciles à première vue, la pratique prouve le contraire ! Il faut du temps pour d’arriver au même résultat que nos deux pros ! Le jeu en vaut cependant la chandelle : nos artisans aiment partager leur savoir faire et donnent des conseils pour obtenir un pain à la croute croustillante, la mie moelleuse et à l’aspect doré. Si on suit toutes les étapes de la fabrication du pain, on obtient même un magnifique diplôme du petit boulanger signé par le commissaire en chef en personne !

Passer voir les deux boulangers, c’est la garantie de passer un bon moment. C’est également l’occasion d’échanger avec ceux qui ont rythme de travail totalement décalé par rapport au reste de l’équipage.

Aspirant Alexandre Constantin

Un petit effort pour la Jeanne, une grande aide pour Ultima Patagonia

Juste avant de quitter définitivement les chenaux de Patagonie, la Jeanne d’Arc a tenu à apporter son soutien à une expédition scientifique française dénommée Ultima Patagonia. Pour cette équipe, composée de 26 Français et 6 Chiliens, l’aventure a commencé il y a 8 ans avec la découverte d’un squelette de baleine dans une grotte de l’île Madre de Dios, située à 8 mètres au-dessus du niveau de la mer. Revenue en 2008 pour élucider le mystère, l’équipe a tenté de rallier la grotte par différents moyens. Sur leur chemin, les scientifiques ont aperçu d’autres grottes conservant les traces d’un peuple quasiment disparu, les Kawesqar, indiens nomades de la mer. Ils ont ainsi découvert des sépultures et des peintures rupestres tapissant les murs des grottes.

©Marine nationale / Maître Seurot Franck

Depuis, leur champ d’investigation s’est élargi: climatologie, anthropologie, botanique, biologie et cartographie. Pour mener à bout leurs recherches dans ces lieux où les conditions de travail sont extrêmes, les scientifiques ont demandé l’aide du porte-hélicoptères, dont l’itinéraire coïncidait avec la localisation de l’expédition. La Jeanne a accepté de leur fournir une aide de logistique: l’objectif principal était de transporter du matériel depuis le camp de base jusqu’à des camps annexes, difficiles d’accès. Une alouette et une gazelle du bord ont ainsi permis de transporter une tonne de matériel ainsi que huit expéditionnaires. La préparation en amont a demandé du temps aux marins de la Jeanne, tant au niveau de l’élaboration de la chronologie de l’opération qu’au niveau de la coordination des moyens, même si l’opération en elle-même a été de courte durée puisqu’elle s’est déroulée entre 06h00 et 09h00.

Les hélicoptères n’ont pas été les seuls moyens déployés. Une des deux chaloupes du bord a été mise à l’eau pour débarquer une vingtaine de marins de la Jeanne à terre. Parmi eux, des officiers élèves qui se sont intéressés de près à l’expédition en elle-même et qui ont interrogé les scientifiques sur leurs objectifs, leurs moyens, leurs résultats… Les officiers élèves ont également pu s’entrainer à la manœuvre de la chaloupe sur le plan d’eau. 11 officiers élèves sont ainsi désormais lâchés «patron de chaloupe». Par ailleurs, certains membres de la brigade de protection ont pu poser un pied à terre afin de participer à un exercice de reconnaissance. Enfin, une équipe de plongeurs, composée de quatre officiers élèves et de deux marins du bord, a effectué une plongée. 

©Marine nationale / Maître Seurot Franck

Finalement, l’opération fut largement bénéfique pour les deux parties: si le gain de temps pour les expéditionnaires a été considérable, l’échange entre les scientifiques et les midships a été très riche et témoigne une fois de plus l’importance que revêt l’ouverture d’esprit dans la formation des officier élèves.
'' Aspirant Alexandre Constantin''

La Jeanne d’Arc à travers les chenaux de Patagonie: la navigation en eaux resserrées

_SRT9379.jpg Depuis l’appareillage d’Ushuaia, la Jeanne d’Arc et le Courbet naviguent à travers les sinueux chenaux de Patagonie. En ces lieux paisibles et vierges de toute activité humaine, point de houle, point de vague, la Jeanne semble glisser sur l’eau. Le panorama est exceptionnel: à bâbord et à tribord, de la passerelle à la plage arrière, les marins du bord peuvent admirer les montagnes enneigées qui semblent émerger de l’eau. Cette dernière a un aspect très variable: du vert clair au bleu marine, c’est tout un panel de couleurs qui s’offre à la vue de l’équipage. Le temps change également très vite, il n’est pas rare de passer du soleil à la grêle en à peine une heure. ©Marine nationale / Maître principal LE NY YannCes changements brusques de météo permettent de découvrir les chenaux sous différents angles. Ainsi, la Jeanne est passée hier devant les célèbres glaciers des Italiens, des Français et des Allemands. La brume qui recouvrait ces étendues de glace se jetant dans la mer renforçait le caractère quasi mystique de ces lieux. Aujourd’hui, le soleil brillait au-dessus de la Patagonie. Les hélicoptères ont ainsi pu décoller pour permettre aux photographes d’immortaliser cette traversée mémorable. Si les paysages sont magnifiques, la navigation dans ces bras de mer étroits n’est pas de tout repos: elle requiert une attention toute particulière. Jusqu’au 31 janvier, date à laquelle la Jeanne sortira des chenaux, le porte-hélicoptères va naviguer en NAVRES (navigation en eaux resserrées). ©Marine nationale / Maître principal LE NY Yann Ceci implique quelques aménagements au niveau de la conduite du navire. En premier lieu, afin de repérer plus rapidement les embarcations ou les éventuels icebergs, l’équipe de veille située en passerelle supérieure est renforcée. Armés de leurs jumelles, les veilleurs fonctionnent par quart, comme la plupart des marins du bord et se relaient pour scruter les abords de la Jeanne. Par ailleurs, les chenaux étant relativement étroits, il faut être en mesure de pouvoir réagir rapidement en cas d’avarie de barre. Le local barre est donc armé en permanence. Des manœuvriers sont également présents plage avant afin de pouvoir faire face à un mouillage d’urgence. En outre, la profondeur des chenaux étant très variable, l’itinéraire de la Jeanne est étudié dans les moindres détails, en passerelle, grâce à des cartes de navigation très précises. Enfin, la Jeanne a fait appel à deux «pilotes» Chiliens qui ont embarqué sur le transit Ushuaia - Valparaiso. Véritables experts de la navigation à travers les chenaux, ils apportent toute leur expérience aux marins du bord.

©Marine nationale / Maître Seurot Franck

Nous pouvons travailler sereinement et dormir sur nos deux oreilles: toutes les dispositions ont été prises pour naviguer dans des conditions de sécurité optimales !

Aspirant Alexandre Constantin

Séances de descente en rappel sur la plateforme ascenseur

La Jeanne d’Arc par la face nord

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vendredi, 29 janvier 2010

Ushuaia: La Jeanne et le Courbet font escale deux jours au bout du monde

Après avoir bravé le Cap Horn, la Jeanne d’Arc et le Courbet ont fait escale en Terre de Feu, à la pointe de la Patagonie, dans la petite ville d’Ushuaia. Cette bourgade atypique, bordée d’un coté par le canal de Beagle et de l’autre par des montagnes enneigées est devenue célèbre lorsqu’elle a été reconnue comme étant la ville la plus australe au monde. Si la ville en elle-même, avec ses immeubles en bois peint et ses faux airs de station de ski européenne présente quelques lieux d’intérêt pour les visiteurs, ce sont surtout les alentours de la ville qui valent le détour. Les paysages sont tout simplement magnifiques : les monts enneigés et les glaciers sont bordés par les eaux transparentes des différents chenaux. Les montagnes et la mer se rejoignent, ici, à l’extrême sud de l’Amérique du Sud, pour former un véritable décor de carte postale. ©Marine nationale / Maître Seurot Franck

Le parc national par exemple, situé à 12 km d’Ushuaia, est représentatif des paysages que l’on retrouve dans la région. Les nombreuses criques qui bordent les eaux claires et glaciales du canal du Beagle sont de véritables havres de paix. La nature semble préservée de toute activité humaine. Les marins du bord qui se sont ressourcés dans ce parc naturel peuvent tous témoigner : le calme et le silence qui règnent en ces lieux sont particulièrement appréciables, surtout après avoir passé des journées entières dans l’environnement trépidant et sonore de la Jeanne.

©Marine nationale / Maître principal LE NY YannToutefois, si le Courbet était à quai comme lors des escales précédentes, la Jeanne d’Arc, elle, était exceptionnellement au mouillage. Si la vue sur les monts enneigés et les glaciers est certainement plus agréable que celle des grues ou des pétroliers, être au mouillage demande un effort logistique important. Il faut en effet être en mesure de pouvoir transférer 300 marins entre la Jeanne et le quai toutes les demi-journées. Pour cela, un système de rotation a été mis en place : les deux chaloupes du bord ainsi qu’une embarcation civile faisaient des allers et retours à des intervalles réguliers pout permettre à tout un chacun de profiter au maximum de l’escale. En dépit de conditions météorologiques parfois délicates, les armements des chaloupes, équipage et officiers élèves, ont permis à l’équipage d’aller et venir dans les meilleures conditions possibles.

L’escale ne durant que deux jours, la Jeanne d’Arc a fonctionné par bordées. En d’autres termes, l’équipage a été scindé en deux : la première moitié a pu sortir le premier jour en fin d’après-midi et le deuxième jour au matin tandis que la seconde moitié était permissionnaire l’après-midi de la seconde journée. Grâce à ce mode de fonctionnement, il y avait en permanence la moitié du personnel de service afin assurer les fonctions essentielles et la veille nautique. En fin de compte, tous les marins ont eu la chance de pouvoir poser pied à terre et fouler ce lieu à la fois mythique et idéalisé.

Nous avons appareillé d’Ushuaia ce matin, non sans regrets de quitter un cadre aussi fantastique. Nous ne quittons pas pour autant la Patagonie : lors des trois prochains jours, nous naviguerons à travers les célèbres chenaux dans lesquels se jettent les glaciers, à travers les îles qui composent la Patagonie, afin de pouvoir rejoindre l’océan Pacifique. _JDA1589.jpg

Aspirant Alexandre Constantin

mercredi, 27 janvier 2010

Les marins de la Jeanne au bout du bout du monde: le cap Horn!

La date du lundi 25 janvier 2010 restera longtemps gravée dans la mémoire des marins de la Jeanne d’Arc. En ce 55ème jour de la 45ème et ultime mission, la Jeanne a franchi pour la dixième fois de son histoire le mythique Cap Horn. «Cap Horn», «le Horn», «Horn» ce nom sonne et résonne dans les têtes des marins de toute la planète. Rendu tristement célèbre par les innombrables naufrages des navigateurs malchanceux ou téméraires qui s’y sont aventurés, il reste à l’heure actuelle redouté par de nombreux marins, même les plus aguerris. C’est avec un réel enthousiasme certes mêlé d’une crainte bien naturelle que l’équipage de Jeanne est venu défier le redoutable Horn, l’un des points de passage les plus dangereux du monde. ©Marine nationale / Maître Seurot Franck

Si les marins du bord attendaient depuis longtemps de pouvoir franchir ce cap légendaire, l’excitation a véritablement commencé à monter au passage des «Cinquantièmes Hurlants» (50°Sud) et s’est intensifiée hier soir, lors du franchissement du détroit de «Le Maire» qui sépare la grande île de la Terre de Feu de l’île des États. Ce détroit fut découvert en 1616 par Jacob Le Maire alors qu’il recherchait une voie de passage entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Il ne découvrit le Horn que quelques jours plus tard. Après le briefing opérations quotidien, les marins ont pu se rendre sur les extérieurs pour admirer l’île des États, l’île la plus à l’est du continent sud américain, rendue célèbre par «le phare du bout du monde» qu’elle abrite, où Jules Vernes a placé l’action d’un de ses romans. Les marins de la Jeanne redoutaient que les conditions météorologiques rencontrées aux alentours de cette porte d’entrée vers le Horn ne soient que les prémices de ce qui les attendrait au large du redoutable cap. En effet, bien que la mer était relativement peu agitée car abritée par les côtes, le vent établi à 30 nœuds annonçait une mer déchainée au Horn.

Finalement, les craintes des marins furent apaisées ce matin. Si le vent était bel et bien au rendez-vous, la mer n’était pas aussi houleuse que prévue. Même le soleil daignait pointer le bout de son nez. Sans doute Neptune avait-il bien voulu épargner la «vieille dame» quelques heures pour sa dernière mission, lui témoignant ainsi toute sa reconnaissance pour sa longue et belle carrière… Ce répit fut néanmoins de courte durée puisque dans l’après midi, la houle a commencé à s’intensifier si bien que vers 16h00, au large du Cap Horn, la Jeanne affronta des creux de 4 mètres ainsi qu’un vent de 45 nœuds. Le cap Horn était à la hauteur de sa réputation!

Le spectacle que nous a offert la nature cet après-midi était inoubliable: de puissantes vagues venaient se briser sur l’étrave du porte-hélicoptères tandis que le vent soufflait sans jamais faiblir. Avoir pu admirer la côte cisaillée du cap Horn dans de telles conditions fut une expérience unique pour bon nombre des marins du bord! ©Marine nationale / Maître Seurot Franck



La Jeanne est désormais armée par 644 cap-horniers. Nous emprunterons demain le canal de Beagle pour rejoindre la ville la plus australe du monde : Ushuaia, cinquième escale de la Jeanne. Le 28 janvier prochain, nous reprendrons la route à travers les splendides chenaux de Patagonie.

Aspirant Alexandre Constantin

lundi, 25 janvier 2010

La Jeanne d’Arc s’invite à l’anniversaire d’Océanopolis

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logo1.jpgPour les 20 ans d’Océanopolis et en lien avec l’année internationale de la biodiversité, la Jeanne d’Arc a accepté d’établir un partenariat avec ce parc de découverte brestois. Un des volets du projet consiste à entretenir un carnet de voyage constitué des articles du blog de la Jeanne et d’observations météorologiques réalisées par la cellule météo du bord. Les photos d’animaux rencontrés pendant les traversées illustrent ce carnet. C’est l’aspirant Jean-Baptiste Boin qui est chargé de coordonner les actions des différents acteurs et d’envoyer ce carnet à Océanopolis.

logo2.jpgLes missions de la Jeanne d’Arc sont donc aussi nombreuses que variées : activités opérationnelles, formation, représentation, participer à la recherche scientifique… Que d’activités pour un bâtiment à quelques mois de la retraite !

Aspirant Alexandre Constantin

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