Chères familles, Chers amis,
JOYEUX NOËL à chacun d’entre vous !
Voici la dernière gazette de notre mission Atalante puisque nous accosterons demain matin au Port des Galets !
Nous nous étions quittés après Mombasa. La période de mer qui a suivi a de nouveau été riche en évènements ! Après notre opération de visite du 8 décembre, nous effectuons une nouvelle visite le 10 sur un bateau mère sur lequel nous ne trouvons qu’une personne que nous ramenons à proximité des côtes. Le 15 décembre, c’est l’avion de patrouille maritime français de type Atlantique 2 basé aux Seychelles qui nous reporte un dhow (embarcation traditionnelle) sur lequel se trouvent trois naufragés. Leur moteur étant définitivement HS, nous les prenons tous les trois à bord en attendant de les débarquer aux Seychelles. Le 17 novembre au soir, nous ne sommes plus qu’à quelques centaines de nautiques des Seychelles, où nous sommes prévus en escale du 18 au 22 décembre, lorsque nous recevons l’ordre de faire demi-tour pour retourner investiguer une piste qui se trouve à 500 nautiques. Nous y arrivons le 19 au matin et nous rappellerons trois fois au poste de visite en moins de douze heures. En effet, dans un cercle de 30 nautiques, nous avons trois pistes suspectes ! Pendant toute la journée, nous bénéficierons de la précieuse collaboration de l’Atlantique 2 (indicatif : Obélix). Tôt dans la matinée, il nous guide vers un bateau mère et un skiff abandonnés et à la dérive sur lesquels nous envoyons notre équipe de visite. Quelques heures plus tard, celle-ci se rend sur un boutre de pêche qui navigue à proximité des deux embarcations, attiré par les poissons qui se regroupent naturellement autour de tout ce qui flotte (c’est le principe des dispositifs de concentration de poisson) ! En fin de journée, nous effectuons une dernière visite sur un bateau mère reporté par Obélix, sur lequel nous trouvons quatre nouveaux naufragés que nous prenons à bord. Nous faisons alors à nouveau route vers les Seychelles que nous atteignons le 21 décembre en début de journée.
L’escale à Mahé (île principale de l’archipel des Seychelles) nous permet d’effectuer quelques travaux sur notre hélicoptère, sur nos machines et sur nos moyens de communication. Nous refaisons également les pleins avant une dernière période à la mer pour rentrer à la Réunion. Nous profitons aussi de notre présence à Victoria (capitale des Seychelles) pour rencontrer l’équipage du thonier français Glénan dont nous sommes voisins ! Enfin, le 23 décembre, nos sept naufragés débarquent, nous laissant libres de rentrer à la Réunion. L’équipage a pu profiter de ces deux jours d’escale pour découvrir les charmes de cette île paradisiaque très préservée. Nous découvrons alors des paysages de cartes postales : les plages de sable fin sont désertes, la végétation est luxuriante et le repos bien mérité !
Nous appareillons le 24 décembre au matin. Le soir même, un barbecue réunit l’ensemble de l’équipage sur le pont d’envol. Les cuisiniers avaient à nouveau fait des merveilles et ce moment de convivialité nous permet de fêter joyeusement Noël malgré l’éloignement de nos familles. Dans la soirée, comme de coutume, nous nous échangeons quelques cadeaux ! Le 25 décembre, la matinée est consacrée à la détente et au repos de l’équipage. Dans l’après-midi, nous commençons les cérémonies rituelles du « passage de la ligne ». Les néophytes du bord viennent retirer leur convocation en attendant de comparaître devant Neptune et sa douce Amphitrite.
Nous continuons le tour des services du bord en rencontrant aujourd’hui le service Armes/Avia. Il regroupe neuf marins placés sous l’autorité de l’officier armes. Au sein du secteur Armes, les trois mécaniciens d’armes s’occupent plus particulièrement du canon de 100 mm (c’est le diamètre de ses munitions) situé à l’avant du Floréal, des deux canons de 20 mm (derrière les cheminées) et des quatre 12.7 mm. Les électriciens d’armes s’occupent quant à eux de la partie électrique du 100 mm et des deux missiles Mer Mer 38 que nous avons à bord. Tous sont des tireurs 12.7mm. Les artilleurs font du quart au Central Opérations ou en passerelle. En mer, nous avons souvent l’occasion de nous entraîner au tir avec ces différents calibres (à l’exception des Mer Mer 38). Nos buts « pour exercice » sont alors des cibles surface (ballons lestés) ou des cibles aériennes (ballons gonflés à l’hélium). Le secteur Avia est composé du directeur du pont d’envol (surnommé « le chien jaune » parce qu’il porte un haut jaune et doit « aboyer » pour se faire entendre lorsque l’hélicoptère est en route) et de deux manutentionnaires de pont d’envol. Ils sont responsables du guidage de l’hélicoptère lors des phases de décollage et d’appontage et de son stationnement à bord.
Nous ne sommes maintenant plus qu’à quelques dizaines de nautiques de la Réunion ! Après deux mois de mission, c’est avec la satisfaction du devoir accompli que nous franchirons les passes de la Réunion demain matin. En un peu moins de huit semaines de mer, nous aurons mis hors d’état de nuire plus d’une trentaine de présumés pirates.
A demain pour nos retrouvailles !
Prochaine gazette début février, pour notre prochain départ en mission !
L’équipage du Floréal

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