Chères familles, chers amis
Me voici de retour. Vous avouerez que le dernier poste de combat a été un peu long …
Alors «Zéro la barre, les deux machines avant 220 » on fonce à toute vitesse vers les opérations :
Journée du vendredi 23 Octobre :
- 02h00 : Dans le central opération, les opérateurs planchent sur une liste de questions posées par les autres unités du groupe. Objectif : être la première unité à répondre à un maximum de questions portant sur la doctrine et la documentation OTAN. Ce type d’exercice est régulièrement pratiqué au sein d’une force : de l’Officier de Quart Opération à l’opérateur radar, tout le monde cherche dans la documentation officielle pour améliorer sa connaissance des procédures et des tactiques.

- 07h45 : Les hauts parleurs diffusent la chanson « Beat it » de Michael Jackson rapidement suivi par la voix grave du timonier qui annonce le « Branle bas ». Comme chaque matin l’Officier chef du quart entre 04 et 08 heures a le privilège de choisir la musique du branle-bas. Cette dernière doit permettre à tout l’équipage de se lever de bonne humeur et plein d’entrain.
- 08h00 : Début d’un exercice de lutte anti-sous marine. Plus les journées passent, plus la difficulté de l’exercice s’accroit : lutte simultanée contre 2 sous marins, zone de travail agrandie, menace aérienne ... Tout le monde est aux aguets ...
- 09h07 : Des coups de klaxon retentissent dans le bord : « De PC sécurité pour exercice, pour exercice alarme incendie en K110 poste 3». Début d’un important exercice incendie : Feu violent dans le poste 3 où vivent 28 marins.
Le personnel non de quart commence la lutte contre le sinistre. Mais le feu progresse et très vite, devant l’ampleur des dégâts qui s’annoncent, le directeur de la lutte propose au commandant de rappeler au poste de sécurité. Dès lors, du matelot au Commandant tout le monde concentre son énergie dans la lutte contre le sinistre !


- 13h00 : Début d’un exercice de secours à un naufragé : 6 unités naviguent à la recherche d’un mannequin dont la position est estimée à plus de 30 km de la notre. ‘Autant chercher une aiguille dans une meule de foin’ diront les plus pessimistes mais en pratique, les méthodes de recherche en formation vont révéler leur efficacité. Le naufragé est récupéré au bout de deux heures. Il faut savoir que l’espérance de vie d’un homme tombé à la mer dans une eau à 10°C (comme c’est le cas ici) n’excède pas 3 heures.

- 18h03 : Il fait nuit depuis 10 minutes et les boscos sont en place sur la plage avant, parés à réaliser un remorquage de combat par un autre bâtiment de la force. Il s’agit pour le « Commandant Blaison » de se mettre à la dérive (comme s’il était victime de graves avaries au combat) pour se faire remorquer par une autre unité. Malheureusement, cette dernière, qui devait nous remorquer, annule sa participation à l’exercice au dernier moment. Le bosco doit alors rassembler ses équipes « Allez les gars, c’est pas grave, on range tout nickel ». Petites précisions : il fait nuit noire, la température est de 7°c, le vent souffle à plus de 20 nœuds et le matériel de remorquage pèse plus de 200 kg.

Journée du samedi 24 Octobre
- 07h00 : Le « Commandant Blaison » reçoit le signal tactique de venir se placer sur l’arrière de la frégate « Mecklenburg-Vorpommern » à 1.5 nautique pour préparer un exercice de tir contre une cible remorquée par un avion ! C’est un jour béni des dieux pour tout canonnier qui se respecte.
- 07h45 : Poste de combat artillerie. Sur les extérieurs et dans la tourelle de 100mm c’est l’effervescence. L’officier chef du quart annonce au Commandant que le navire est paré pour effectuer les tirs. Une heure auparavant les mécaniciens ont lancé un 2ème diesel alternateur pour fournir la puissance électrique nécessaire pour les mouvements de tourelle. Seul point inquiétant : la météo s’est passablement dégradée pendant la nuit.
- 08h00 : Le couperet tombe : le plafond nuageux est trop bas !! Si bien que l’avion, qui devait remorquer la cible sur laquelle nous devions tirer, ne peut pas venir. Cet exercice est annulé. C’est pas grave : on va en faire un autre. Après avoir soigneusement vérifié que la zone était claire, c’est donc sur une cible d’opportunité que notre tourelle de 100 mm a finalement pu s’exprimer et noyer la passerelle d’une odeur de poudre incomparable.
- 13h07 : Réception au PC-Télec d’un message immédiat provenant directement du responsable des opérations : le « Commandant Blaison » vient d’être nommé chef de la lutte pour le dernier exercice anti sous marin. Il faut rapidement réfléchir à une tactique visant à protéger une unité précieuse et éloigner toute menace sous-marine.
- 15h00 : Les 2 derniers exercices de lutte anti sous marins par petits fonds vont avoir lieu. Les équipes sont désormais rodées chacun connaît son rôle sur le bout des doigts. Les contacts sonar sont rapidement classés et les simulations d’engagement torpille se jouent en toute sérénité.

- 18h00 : Au central opérations, la concentration est à son comble. Le « Commandant Blaison » envoie ses ordres de route et de vitesse aux 6 autres unités chargées de protéger un pétrolier ravitailleur. Dès que le moindre soupçon plane sur un contact sonar, on dirige l’hélicoptère du « Mecklenburg-Vorpommern » pour l’investiguer. A 21h00 notre stratégie semble avoir été payante : les unités de surface n’ont pas été attaquées !!

Journée du dimanche 25 Octobre
Fin du premier thème de « Northern Coasts ». A partir de maintenant nous sommes plongés dans un scénario monté de toute pièce mais dont l’actualité colle parfaitement avec des situations opérationnelles réelles.
En résumé : 2 pays Amberland et Beachland sont en crise. L’ONU a demandé l’envoi d’une force, la COFAB, chargée de contrôler et de sécuriser toute une zone maritime et aérienne au large de Kiel. La mission des bâtiments de surface est donc de contrôler les voies commerciales maritimes (contrôle des trafics d’armes) et de détourner les bâtiments militaires des belligérants de la zone sécurisée. Pendant une semaine nous travaillerons en permanence sous menace aérienne, sous marine, d’embarcations rapides et pour finir sous la menace de mines !!!
Désormais des règles d’engagement et des critères de classification dictent notre action. Le poste de combat peut être ordonné à tout moment. Nous sommes à l’affut de toutes les pistes dans un rayon de 60 km en particulier de celles qui naviguent en dehors des rails de navigation.
Journée du lundi 26 Octobre
Le chef de la force nous a ordonné de contrôler un rail de navigation à l’ouest du Danemark.
- 03h45 : Les veilleurs terminent leur passation de suite sur le toit de la passerelle. Il ne fait que 7°C sous un crachin qui rappelle le pays : « Chouffez* (argot qui signifie regardez) bien dans le rail de navigation sur bâbord, y’a des navires qui paraissent plus loin qu’ils le sont ! Allez bon quart les gars, moi je vais me prendre une douche bien chaude ». Les veilleurs ‘prenants’ font leur traditionnel tour d’horizon (ils reportent au Chef de quart toutes les pistes qu’ils voient).
Soudain une faible lueur apparait à l’horizon mais elle ne suit pas le rail de navigation. Le veilleur s’empare alors de ses jumelles à vision de nuit et distingue la forme d’une petite embarcation qui se rapproche à grande vitesse. Il se jette sur l’interphone pour en informer le chef de quart qui fait tout de suite évoluer le navire pour mieux identifier ce suspect et rendre les armes battantes. Rapidement les équipes du Centrale opérations et de la passerelle échangent leurs informations sur la piste en question : route vitesse… Mais les veilleurs sont parvenus à identifier la piste ils sont formels : il s’agit d’une pilotine!! Fausse alerte.
- 15h00 : Le « Commandant Blaison » se présente sur l’arrière du « Frankfurt Am Main» le pétrolier ravitailleur allemand. Le deuxième ravitaillement à la mer a lieu avec cette station service flottante et va durer plus d’une heure.


Journée du mardi 27 Octobre
La patrouille et le contrôle des unités continuent en ce début de matinée. Les dépêches de renseignements nous informent qu’un sous marin Amberlandais est susceptible d’attaquer un convoi militaire censé apporter du matériel et des vivres à des populations civiles. Nous demandons donc à notre chef l’autorisation de quitter notre zone de patrouille pour aller sécuriser la zone et chasser d’éventuels sous marins.

- 16h00 : La bordée bâbord est de quart au Central Opérations. Un avion de patrouille maritime français rallie la zone et travaillera en coopération avec nous pour débusquer le sous marin. L’objectif est toujours de sécuriser les eaux dans lesquelles le convoi doit transiter.
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- 18h10++ : Un écho faible apparait sur le scope de l’opérateur sonar. Celui-ci attend encore une émission sonar avant d’avertir tout le monde dans le CO : « Contact sonar !! » Tout le monde est sur le qui vive ...
Le C-TAC prévient tout de suite l’aéronef de notre contact sonar : avec un aviso et un avion de patrouille maritime sur le dos, la partie va être corsée pour le sous marin.
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- 19h30++ : Le sous marin fait surface et prend contact avec nous. Les Commandants des 2 unités s’échangent les politesses de rigueur sur VHF puis ils se replongent dans le scénario. Le sous marin est vite averti que le « Commandant Blaison » gardera un œil permanent sur lui et n’hésitera pas à employer la force si besoin.
- 20h00 : Le convoi se profile à l’horizon, il peut transiter en toute sécurité tandis que le sous marin est en surface sous contrôle de la COFAB : l’opération est réussie !
Journée du mercredi 28 Octobre
- 11h33 : Un message urgent tombe sur la file au PC-télec. Nous avons reçu l’ordre d’interroger et de contrôler le « B. R.» qui est un navire suspecté de transporter des armes pour le compte d’une organisation terroriste travaillant pour Amberland. Il est situé à 40nq de notre position ! Il ne faut plus perdre une minute. Le chef de quart ordonne de remonter en allure et manœuvre pour aller à sa rencontre
Il s’agit d’un porte-conteneur d’une longueur de 137m : c’est un morceau de choix.

Le « Commandant Blaison » fonce à toute allure vers son client. Dans le même temps le capitaine d’armes rassemble ses équipes et commence la distribution des armes légères et des moyens radio.


- 14h30 : Le navire suspect sort péniblement de la brume. Depuis 10 minutes le timonier en passerelle effectue des interrogations « What is your cargo ? Do you have any weapon on board?... ». Toutes les informations sont retransmises au chef de l’équipe de visite qui sait donc à quoi s’attendre de la part du suspect.
- 14h40 : L’EDO (Embarcation de Drome Opérationnelle) est parée et armée par l’équipe de visite. Son pilote demande au Chef de quart l’autorisation de se diriger vers le Client.
- 14h48 : Le central opérations détecte un avion volant à basse altitude qui ne suit aucun « Air Way ». Il est tout de suite classé hostile par l’Officier de Quart Opérations. L’autodéfense du bâtiment s’active et la menace est tout de suite traitée.

- 14h54 : L’EDO est à couple du « B. R. » et l’équipe de visite commence son investigation.

- 17h30 : La visite du « B. R. » est terminée. Le chef de l’équipe peut alors offrir les cadeaux traditionnels de représentation du « Commandant Blaison » au commandant de ce navire civil qui a eu l’amabilité de mettre son bâtiment au service de l’exercice en cours.

Journée du jeudi 29 Octobre
Au programme un très grand exercice de maintien des capacités opérationnelles. Le « Commandant BLaison », suite à une attaque, a été fictivement atteint par un missile ennemi ; sa passerelle est complètement détruite ! Il faut vite réagir.
Une passerelle de secours est rapidement armée : l’Officier Chef du Quart s’est repositionné sur les extérieurs d’où il donne ses ordres de barre et d’allure machine.

Journée du vendredi 30 Octobre
Dans la matinée, différents messages nous indiquent que l’exercice est terminé. Le CDT Blaison reçoit liberté de manœuvre et fait donc route vers sa prochaine destination : Riga en Lettonie, pour de nouvelles aventures.